Le cinéma Rio

Cinéma Rio, montée Antoine Castejon

Je suis né ici, juste au-dessus du cinéma Rio. Mon frère qui avait quatre ans de plus que moi travaillait dans ce cinéma. Au début, il nettoyait la salle après la séance. Puis, il devint opérateur.
Moi je l’ai connu en tant que resquilleur ce cinéma. Avec les collègues, on n’avait pas d’argent pour voir les films. Par la suite, j’ai aidé mon frère opérateur malgré mon jeune âge.
Les séances avaient lieu le jeudi et le samedi soir. Le dimanche, il y avait deux séances : une séance dans l’après-midi et une séance le soir.
Resquiller, c’était faire attention à la caissière. La caissière, c’était Claire, la belle-sœur du patron, Claire Méji, son mari Gilbert, mais la patronne c’était Jeannette, et le patron Gabi. Je faisais celui qui regardait les images du film affiché et lorsque la caissière était occupée, je rentrais.
Tout le quartier venait au cinéma puisqu’il n’y avait pas la télé. On n’avait même pas la radio à la maison.
C’est Fassonne, le peintre en lettres, qui a peint les lettres de la façade du cinéma. Fassonne logeait dans une chambre du bar du cinéma chez Bicou. Il mangeait au restaurant tous les jours. Dans sa chambre, il fabriquait aussi des nougats, des paquets de frites, des pistaches qu’il vendait à la sauvette.
Image extraite du film "La Parole Libérée"