Les grèves de 1947

1947, Marseille au bord de l'insurrection

1947 : installation de la Guerre Froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. La doctrine de l’endiguement du Communisme de Truman et la réponse de Djanov qui s’élève contre l’impérialisme américain, mettent en place un monde bi-polaire à l’idéologie différente.
Au même moment, il y a la décolonisation de l’Inde et des Philippines. La France prend position pour l’Ouest et le Plan Marshall. Elle retarde sa décolonisation, réprime et se lance dans la guerre d’Indochine. Un quart de la population vote Communisme contre les guerres coloniales.
La situation sociale et économique de la France est dramatique. Malgré la fin de la guerre, les cartes d’alimentation sont toujours en place. Il y a la disette et des émeutes de la faim. Le pays est au bord de l’insurrection. Le gouvernement est dé-stabilisé.
Le 4 novembre 1947, Michel Carlini, Maire R.P.F. de Marseille, fait augmenter le tarif du carnet de tram. De trente cinq francs, il passe à cinquante. La différence est énorme à cette époque. Les habitants de la ville de Marseille se dressent contre cette injustice sociale et des dizaines de milliers de manifestants descendent dans la rue.
Le 5 novembre, les Syndicats des dockers, des marins, du bâtiment et du bois, E.D.F., la Fédération Communiste, l’Union de la Jeunesse Républicaine de France, de nombreux C.I.Q., demandent l’annulation de l’augmentation des tarifs du tram. La même exigence est formulée par les métallos, l’alimentation, les transports, la sécurité sociale, le textile, les délégations de la Mairie, la Coder, l’Union des Femmes françaises, l’Union départementale CGT.
Le 7 novembre, l’Assemblée Générale des traminots vote à l’unanimité de ne pas exiger les nouveaux tarifs.
Le Maire décide de ne pas revenir sur sa décision.
Une échauffourée oppose un groupe de manifestants aux forces de Police. Il y a cinq arrestations.
Dans la soirée, des groupes se répandent dans le quartier de l’Opéra : onze boîtes de nuit sont saccagées. Elles constituent depuis la Libération le symbôle du gaspillage et de la corruption en période de pénurie et de rationnement.
Le 14 novembre 1947, le Conseil des Ministres annonce une hausse importante du tarif du gaz et de l’électricité, ainsi que de la S.N.C.F.
Le 23 novembre, deux millions de grévistes sont dans la rue.
Le 27 novembre, il y a la création d’un Comité National de Grève.
A partir du mois de décembre, les affrontements avec la Police sont nombreux. Jules Moch, Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Schuman, donne l’ordre de tirer sur les mineurs de Biver, d’Arles et de Saint Etienne. La répression est importante.
Dans la nuit du 8 au 9 décembre 1947, Sylvain Bettini est atteint d’une balle dans le dos tirée par un Policier. Sylvain Bettini n'est pas armé.
Image extraite du film "La Parole Libérée"