L'OCADO

Le pont du chemin de fer à Riaux

Le père d’un ami de Francis était un des responsables de l’OCADO : un centre de ravitaillement. Grâce à lui, il put obtenir une nouvelle carte d’identité. Il devint plus vieux : fini la Classe 42.
Je ne suis pas né de Riaux moi. Je suis venu ici, j’allais dire par accident, non pas par accident, parce qu’il fallait tenir compte de quelque chose, en 1942 ma classe ne devait pas rester en France, elle devait partir en Allemagne. C’est le ministre Laval qui avait dit –La Classe 42 sans exception partira en Allemagne- Effectivement, nous étions pourchassés. Il fallait partir, se lever de devant. C’est ce que nous avons fait. Beaucoup de jeunes sont partis à gauche, à droite, d’autres ont été capturés et envoyés en Allemagne.
Et moi, j’avais un ami qui m’a dit - Il ne faut pas que tu partes ! Il faut que tu restes ici !- Son père faisait partie de l’OCADO.
L’OCADO c’était un office qui s’occupait du ravitaillement de tout Marseille et une partie des Bouches-du-Rhône. Le père de mon ami, c’était une couverture. Il protégeait les jeunes de la Classe 42.
J’étais allé le voir. Il m’avait dit – Il n’y a qu’une chose à faire, il faut que vous vous engagiez dans le Service Encadré du Travail.
Le Service Encadré du travail, c’était une branche de l’OCADO qui prenait les jeunes pour les mettre dans des endroits à l’abri des contrôles. A Kuhlmann il y avait un Service Encadré du Travail.