Le rythme des sirènes

Montée des Usines

Au temps des usines, le quotidien était rythmé par le son des sirènes.
Il y a quelque chose que la guerre a arrêté, c’est le rythme des sirènes. Avant le guerre, les sirènes réglaient notre vie. Mon père faisait les trois huit. Il travaillait à la Société Coloniale des Chaux et Ciments Portland de Marseille, qu’on appelait à l’époque La Coloniale. Le matin à cinq heures, les sirènes sonnaient. Quand il était de nuit, je savais qu’un quart d’heures après, il serait là. Et le soir à neuf heures, il rentrait à la maison lorsqu’il était de l’après-midi.
Toutes les sirènes du quartier avaient leurs sonorités pour l'appel des travailleurs. Je voyais dans les escaliers descendre un tas d'ouvriers qui allaient à l'usine Kuhlmann. Pendant la guerre, les sirènes ne sonnaient que pour annoncer le danger des bombardements : l'alerte.