Le lien social

Ginette Bizot
Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

Les Comités d'entreprises jouaient tout à fait leur rôle. Il faut dire que l'économie marchait à plein régime et les batailles menées permettaient de décrocher des avancées.
Je me souviens que j'allais avec ma mère, une fois par semaine, à la Coopérative gérée par le personnel. Celle d'EGTH était située dans un local près du stade de Riaux (actuel). Avec sa carte de membre qu'elle présentait, elle pouvait y faire des achats de produits courants -Je ne pense pas des fruits et des légumes- mais de la droguerie dont le volume et le choix étaient loin des records d'aujourd'hui, des pâtes, du café, du linge... Les prix étaient intéressants.
Les autres sociétés bénéficiaient également de leur Coopérative.
La Coloniale avait même son dispensaire situé impasse Chauffert -montée Pichou- où ma mère allait chaque semaine, un après-midi, pour s'occuper des bébés. Là, les bouts de choux étaient pesés, mesurés, tous ces chiffres étaient mentionnés sur leur fiche de suivi, les mamans s'entretenaient avec l'assistante sociale pour toute question de santé ou de démarche, et ensuite en fin d'après-midi, arrivait le médecin qui consultait. C'était gratuit.
Nous, les enfants, avions toujours droit à l'Arbre de Noël, avec le spectacle et le cadeau. Pour EGTH, tout se déroulait à la salle Sainte Cécile. Le directeur et les cadres s'installaient au balcon.
Des sorties étaient également organisées. Je me souviens être allée au Cirque de Moscou qui se produisait dans le grand Hall de la Foire de Marseille. Des cars venaient nous récupérer sur l'Estaque et nous ramenaient après le spectacle. C'était la grande expédition, la grande sortie en soirée, ça se faisait toujours en famille.
De mon temps, le jour de repos de la semaine, c'était le jeudi. Je fréquentais l'ancêtre du Centre Aéré d'aujourd'hui, puisque l'usine Kuhlmann avait créé un club où nous nous rendions avec d'autres enfants de mon âge pendant 2 heures tous les jeudis.
Ce club était situé Chemin de la Nerthe, près du Château Fallet. Un employé de la société, détaché pour ce genre d'activité, nous récupérait et nous prévoyait des après-midi récréatives. S'il faisait beau, il nous sortait dans le secteur : nous allions jouer au "ballon prisonnier" au stade de Riaux au fond du vallon. Il organisait aussi le Carnaval. Les jours maussades, on restait à l'abri.