La Poésie

  • Les ailes du papillon
    Serrées l'une contre l'autre
    Je m'évade vers un ailleurs
    C'est un moment de tranquillité
    Je m'approche de ce bel insecte fait
    De bleu clair
    De transparence
    De légèreté
    Pour tenter de le photographier
    Je le veux niché dans la broussaille
    Un aiguille de pin en travers
    Et regarder la mer en face
    Mais lui se met à fuir
    Les petits êtres si fragiles sur
    Des fleurs ne cesseront de butiner
    Une saison puis une autre
    Ils me feront encore rêver
     

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

  • Mon amour de jeunesse
    n'a laissé que des fils qui tracent
    les souvenirs
    les émois
    depuis se sont éclipsés
    dans la brume du temps
    le seul qui balbutie
    tout au fond de moi
    est une image ce qui
    la rend imprécise à
    la vérité
    j'ai oublié le bleu de ses yeux
    et le menton volontaire à
    la décision prise
    depuis les années en
    ont gommé les contours
    depuis plus rien elles
    ont scellé la porte et
    nos rêves en grève
    ont fui
    leurs effluves ont déserté
    nos pensées qui se
    sont accrochées
    aux bribes
    de ce qui reste de ce temps
    des amours fanées

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

  • ça tangue ça balance
    Et ce doux roulis me berce et m'endort
    Le voilier est immense
    La couchette étroite
    Nuit profonde constellée d'étoiles
    Sous un ciel de fin d'été, le navire fend la mer
    à l'horizon, la terre Corse nous attend
    Seul, l'incessant clapotis des vagues rompt ce silence profond
    Quand soudain, le matelot me réveille pour le quart de minuit
    Je monte sur le pont, attrape à mon tour la barre
    Et je tiens bon : cap à 90° Nord Ouest
    A l'avant, le marin guette dans la nuit noire
    J'entends le vent dans les voiles
    Et je scrute l'horizon immense
    Hors du monde, je suis
    Loin du bruit, je reste

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

  • Cet enfant que je fus s'en vint à moi
    Doucement sournoisement il revient
    Il se rappelle à ma mémoire
    Il vient me dire combien j'avais envie de liberté
    Je voudrais une vie bien rangée
    Qui va à l'encontre de mon désordre
    Mais je ne vis pas toute seule
    Il faut que j'assume la communauté
    Alors il m'arrive de regretter
    Cet enfant que je fus
    Et qui souvent s'en vint à moi

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

  • Gabin la serre sur le quai des brumes
    Elle lui jette ses yeux noirs
    Lui fume sa pipe rejetant son écume
    Ils sont enlacés sur le grand boulevard
    Il lui tapote les fesses comme sur des enclumes
    Passent tout près deux gros chats noirs
    Elle en oublie son rhume
    Il la transporte loin de l'urinoir

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

  • Vivre chaque jour avec la peur de tout perdre
    D'un jour maudit où tout s'écroule
    Parfois j'imagine des drames et des deuils
    Dans un bref soupir je suffoque
    Mais toujours j'enfouis ces angoisses
    Au réveil je savoure chaque matin
    Ma chance cernée par cette hantise
    Que rien ne s'éternise
    Alors j'écris des histoires
    Comme des exutoires
    Pour figer le temps
    Et garder l'instant

    Rio Tinto - L'Estaque au temps des usines

La petite Fabrique

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