Penarroya / Métal Europ

Quartier les Riaux
Entrée de l'usine Pénarroya-Métaleurop

En 1916, la Société Minière Métallurgique Pénarroya (traitement du plomb) devint propriétaire de la Société Anonyme des Produits Chimiques de Marseille l’Estaque. Cette société fabriquait de l’acide sulfurique, nitrique, chlorhydrique, de la soude, des sulfates, de la poudre caustique, des chlorures de chaux, des superphosphates, du sulfate de fer, de cuivre, de nitrates, des engrais et des produits agricoles. A son arrivée, la Société Pénarroya épaula fortement l’effort de résurrection et d’expansion des établissements Kuhlmann, en leur rétrocédant tout le secteur chimique.Métal Europ succède à la Société Minière Métallurgique Pénarroya qui produit du plomb de 1916 à 1976 et traite le minerai de Cobalt à partir de 1950, ainsi que les minerais aurifères de 1982 à 1991.Situation géographique et périurbaine :
Métal Europ se situe au nord-ouest de la ville de Marseille. Elle est perchée sur la colline et surplombe le village de l'Estaque et le quartier dit : les Riaux. Son accès se fait par la montée des usines. On peut noter que l'usine surplombe également la voie ferrée via la Côte Bleue.Présentation de l'usine et fonctionnement succinct :
Cette entreprise est soumise à l'autorisation SEVESO par sa quantité de stockage (2000t). En voici le fonctionnement : l'usine reçoit du minerai arsénieux en provenance généralement de Rotterdam et du trioxyde de diarsenic impur du Ghana. Son transport par camions de la gare des Arnavaux au site est réglementé par le RTMD : à savoir que le minerai arsénieux provenant de Rotterdam descend par wagon jusqu'à la gare des Arnavaux, puis est acheminé par poids lourds jusqu'à l'usine. Le trioxyde de diarsenic provenant du Ghana par bateaux est déchargé au quai minéralier de Fos, puis acheminé par poids lourds ou wagons via les Arnavaux.
L'objectif de l'usine consiste à en ressortir du trioxyde de diarsenic (as2o3) pur à environ 98%. Après séchage du minerai celui-ci part dans ce que l'on nomme : le séparateur. Il permet grâce à un système de soufflerie chauffée, de ventiler le minerai et de l'inciter à rentrer en combustion lente pour qu'il de décompose en créant du dioxyde de fer et du trioxyde de diarsenic. Ce dernier est toujours envoyé grâce à la soufflerie (qui permet simultanément de continuer le séchage) dans une sorte d'énorme électro-aimant pour finir de fixer les dernières impuretés. à l'issue, le minerai part sur la chaîne de conditionnement pour être emballé ou en grand sac ou en fût.
L'usine débite environ 16t de trioxyde de diarsenic par 24h.L'usine est construite sur 3 niveaux :
Niveau 1 / + de 90m au-dessus du niveau de la mer : stockage du minerai et 1er four de séchage. Niveau 2 / + de 70m au-dessus du niveau de la mer : 2ème four de séchage, séparateur, électro-aimant, chaîne de conditionnement, hangar de stockage produit fini. Niveau 3 / + de 50m : atelier, 2 transformateurs de 200kva, infirmerie.Les risques :
Dans l'enceinte de l'usine : risques électriques (feux électriques, électrocution du personnel), risques hydrocarbures (feux d'hydrocarbures, explosion de la cuve de propane), risque dans les stockages (pollution de l'atmosphère, feux couvants), intoxication du personnel(surexposition).
à l'extérieur de l'usine : 1 / par les produits (propagation d'un nuage en cas de sinistre sur le village de l'Estaque, les Riaux et le plage des Corbières). 2 / par explosion de la cuve de propane (à 45m : dégats des structures lourdes, à 100m : dégats sur les murs, à 195m : vitres brisées).Février 2001 : fermeture de Méral Europ. La société Recyclex est chargée de la dépollution.Image extraite du film "La Parole Libérée"